
Les 6 réflexes immédiats en cas de dégât des eaux
L'ordre compte : on sécurise les personnes, on arrête l'eau, puis on protège les biens et on constitue les preuves. Gardez cette checklist sous les yeux, elle tient en six points.
Couper l'eau et l'électricité
Robinet d'arrêt général, puis disjoncteur de la pièce touchée dès que l'eau approche d'une prise ou d'un appareil.
Trouver et stopper l'origine
Fuite chez vous, débordement, infiltration venant du voisin du dessus : on remonte à la source avant tout le reste.
Protéger et écoper
Surélever les meubles, sortir tapis et cartons, éponger, écoper : chaque litre retiré tôt, c'est un mur qui sèchera plus vite.
Photographier avant de nettoyer
Plans larges puis détails, objets abîmés compris : ce sont vos preuves pour l'assureur.
Prévenir les personnes concernées
Voisins du dessous et du dessus, propriétaire si vous êtes locataire, syndic en copropriété.
Déclarer sous 5 jours ouvrés
Constat amiable rempli et envoyé à votre assureur dans les délais, même si les travaux ne sont pas terminés.
Couper l'eau et l'électricité de la zone
Fermez le robinet d'arrêt général du logement (près du compteur, sous l'évier ou dans un placard technique) ou, à défaut, le robinet d'arrêt le plus proche de la fuite. Dès que l'eau approche d'une prise, d'une multiprise posée au sol, d'un luminaire au plafond ou d'un appareil électroménager, coupez le disjoncteur de la pièce concernée, voire le disjoncteur général si l'eau coule d'un plafond équipé de spots. Ne touchez jamais un appareil mouillé les pieds dans l'eau.
Si l'eau vient d'en haut, pensez aussi aux plafonds : une auréole qui gonfle ou un plafond en plâtre qui se déforme peut céder. Éloignez tout le monde de la zone et placez une bassine en dessous, sans tenter de percer vous-même la poche d'eau si le plafond est très bombé.
Identifier et stopper l'origine (fuite, débordement, infiltration voisin)
Trois scénarios reviennent le plus souvent. La fuite chez vous : flexible de lave-linge, joint de siphon, groupe de sécurité du chauffe-eau, canalisation encastrée. Une fois l'eau coupée, l'écoulement doit s'arrêter ; s'il continue, la fuite est en amont du robinet d'arrêt et un plombier doit intervenir. Le débordement : baignoire oubliée, WC bouché, évacuation saturée. La cause est évidente, l'origine se stoppe en fermant le robinet ou en arrêtant d'utiliser l'appareil.
L'infiltration qui vient d'ailleurs : l'eau coule de votre plafond alors que rien ne fuit chez vous. Montez immédiatement chez le voisin du dessus ; s'il est absent, prévenez le syndic ou le gardien, qui peut faire couper l'eau de la colonne. Si aucune origine n'est visible mais que l'humidité progresse, la fuite est probablement cachée dans un mur ou sous une dalle : notre guide pour détecter une fuite d'eau cachée vous aidera à réunir les premiers indices.

Protéger meubles et objets, éponger et écoper
Surélevez les meubles sur des cales ou des briques, sortez tapis, cartons, livres et appareils posés au sol. Retirez les tiroirs du bas pour qu'ils sèchent séparément. Épongez avec serpillières, raclette et seaux ; au-delà de quelques centimètres d'eau (cave, garage, rez-de-chaussée), une pompe à eaux chargées fait en une heure ce qu'un seau ferait en une journée.
Ouvrez les fenêtres si le temps le permet et ne chauffez pas la pièce à fond : une chaleur forte sans évacuation de l'humidité ne fait que la déplacer vers les murs.
Prendre des photos AVANT tout nettoyage (preuve assurance)
C'est le réflexe qu'on oublie le plus, et celui qui pèse le plus lourd dans le dossier. Avant d'éponger, photographiez chaque pièce en plan large, puis en détail : hauteur de l'eau au sol, auréoles au plafond, plinthes gonflées, parquet soulevé, meubles et appareils touchés. Une courte vidéo qui fait le tour de la pièce est encore plus parlante. Photographiez aussi l'origine de la fuite si elle est visible (flexible percé, raccord, joint).
Checklist preuves à conserver
- Photos et vidéo datées, avant nettoyage
- Objets abîmés gardés de côté (ou photographiés avec leur étiquette)
- Factures d'achat des biens de valeur
- Pièce défectueuse à l'origine de la fuite, si elle a été remplacée
- Coordonnées des voisins, du syndic et du propriétaire
Déclarer le sinistre : le constat amiable dégât des eaux
Délais (5 jours ouvrés), qui prévenir
Vous avez 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre pour le déclarer à votre assureur, sauf délai plus favorable dans votre contrat. Inutile d'attendre de connaître la cause exacte ou le montant des dégâts : déclarez, puis complétez.
Prévenez en parallèle votre assureur habitation, le voisin d'où vient l'eau ou chez qui elle est allée, le propriétaire si vous êtes locataire et le syndic si vous êtes en copropriété, de préférence par écrit.

Remplir le constat amiable : responsabilités locataire, propriétaire, copropriété
Le constat amiable dégât des eaux se remplit à plusieurs : la personne chez qui la fuite a pris naissance et celles qui ont subi des dommages. Un seul formulaire suffit jusqu'à deux parties ; au-delà, on en remplit un par voisin concerné. Décrivez les faits sans juger : date de découverte, origine supposée, pièces touchées. Chacun garde un exemplaire et l'envoie à son assureur.
Locataire
Coche la case « occupant locataire », signe le constat et le transmet à son assureur. Il informe aussi son bailleur, surtout si la fuite vient d'un équipement du logement.
Propriétaire
Occupant, il déclare comme tout assuré. Bailleur, il est concerné pour les parties immobilières (murs, sols, canalisations encastrées) et prévient son propre assureur.
Copropriété
Si la fuite vient d'une colonne ou d'une toiture commune, le syndic est partie au constat et déclare le sinistre à l'assureur de l'immeuble.
La convention IRSI (sinistres sous et au-delà de 5 000 euros HT) expliquée simplement
Depuis le 1er juin 2018, la convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) organise entre assureurs la gestion des dégâts des eaux dans les immeubles. Son principe est rassurant pour le sinistré : un seul assureur gère le dossier, celui de l'occupant du local endommagé, que vous soyez locataire ou propriétaire, et quel que soit le responsable. Les assureurs règlent ensuite les recours entre eux.
Jusqu'à 5 000 euros HT de dommages par local
L'assureur gestionnaire indemnise directement son assuré. Pour les plus petits montants, il le fait souvent sans expertise, sur photos et devis ; au-dessus, il mandate un expert unique qui intervient pour le compte de tous les assureurs concernés.
Au-delà
La convention IRSI ne s'applique plus : place à une expertise contradictoire et aux règles classiques de responsabilité entre assureurs.
Concrètement, retenez une règle : vous traitez avec votre propre assureur. Même si l'eau vient de chez le voisin, c'est lui qui vous indemnise pour vos dommages, puis qui se retourne éventuellement contre l'assureur du responsable.
Locataire, propriétaire, copropriété : qui paie quoi ?
C'est la question qui angoisse le plus, et elle se découpe en deux : qui paie la réparation de la cause (la canalisation, le joint, le flexible) et qui paie la réparation des dommages (peintures, sols, mobilier). Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes.
La réparation de la cause suit la répartition habituelle de l'entretien. Le locataire prend en charge les menues réparations : joints, flexibles de douche, mécanisme de chasse d'eau, débouchage des siphons. Le propriétaire assume ce qui relève de la vétusté ou de la structure : canalisation encastrée rongée par la corrosion, remplacement d'un chauffe-eau en fin de vie. En copropriété, les colonnes montantes, descentes et réseaux communs relèvent du syndicat des copropriétaires.
La réparation des dommages, elle, passe par les assurances selon la convention IRSI décrite plus haut. C'est pourquoi il est indispensable, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant, d'être assuré au titre des dégâts des eaux : sans contrat, vous devriez faire l'avance et engager vous-même un recours contre le responsable.
Faut-il attendre l'expert avant de nettoyer ?
Non. C'est une idée reçue tenace, et elle coûte cher. Votre contrat vous impose au contraire de tout faire pour limiter l'aggravation des dégâts. Laisser l'eau stagner trois semaines en attendant un rendez-vous d'expertise, c'est laisser les plâtres se gorger, les parquets gondoler et les moisissures s'installer — des dommages supplémentaires que l'assureur pourrait vous reprocher.
Vous pouvez
- Écoper, éponger, aérer
- Lancer l'assèchement des murs et des sols
- Faire réparer la fuite et rechercher son origine
- Mettre les biens au sec et à l'abri
Attendez plutôt
- De jeter les objets de valeur abîmés
- De refaire peintures et revêtements
- De remplacer un parquet ou une cuisine
- De signer un devis d'embellissement sans accord
Conservez les factures des mesures d'urgence (pompage, séchage, recherche de fuite) : elles font partie du sinistre et sont en général prises en compte dans l'indemnisation.
Faire constater et assécher les dégâts
Une fois l'urgence passée, deux chantiers s'ouvrent : établir précisément d'où vient l'eau, puis retirer l'humidité qui s'est logée dans les matériaux. Tant que la cause n'est pas traitée, l'eau revient ; tant que les murs ne sont pas secs, les dégâts continuent en silence.

Recherche de fuite prise en charge par l'assurance
Quand la fuite n'est pas visible, un technicien la localise sans casser : caméra thermique, gaz traceur, écoute acoustique, mesures d'humidité. Avec la convention IRSI, cette recherche est à la charge de l'assureur de l'occupant du local endommagé, même si elle doit se faire chez un voisin.
Dans la métropole, notre recherche de fuite à Marseille vous remet un rapport écrit qui sert directement au dossier d'assurance.
Séchage professionnel : pourquoi ne pas laisser sécher « à l'air libre »
Un mur peut paraître sec au toucher en surface et rester humide à cœur pendant des semaines. C'est dans cette humidité résiduelle que les moisissures se développent, que les peintures cloquent, que les plâtres se dégradent et que les odeurs de renfermé s'installent.
L'assèchement professionnel combine déshumidificateurs et brasseurs d'air, avec un contrôle des taux d'humidité jusqu'au retour à la normale. C'est tout l'objet de notre assèchement après sinistre, qui évite de repeindre sur un support encore mouillé.

Le calendrier type d'un sinistre, étape par étape
Pour ne rien oublier, voici comment se déroule en général un dégât des eaux bien géré, de la première goutte à l'indemnisation. Les durées varient selon l'ampleur du sinistre et la réactivité de chacun, mais l'enchaînement reste le même.
- 1
Heure 0
Mise en sécurité
Eau coupée, électricité de la zone coupée, origine identifiée ou au moins stoppée. Si la fuite ne s'arrête pas malgré la fermeture du robinet général, un plombier doit intervenir.
- 2
Heures 1 à 3
Limiter et documenter
Écopage, mobilier surélevé, photos et vidéo des dégâts. Vous prévenez les voisins concernés et, en copropriété, le syndic.
- 3
Jours 1 à 5
Déclarer
Constat amiable rempli, déclaration à l'assureur dans les 5 jours ouvrés, devis de réparation et de recherche de fuite demandés si besoin.
- 4
Semaines 1 à 4
Assécher et expertiser
Recherche de fuite, réparation, séchage des supports, passage éventuel de l'expert. Les murs doivent être secs avant toute remise en peinture.
- 5
Ensuite
Indemnisation et travaux
Une fois l'accord trouvé sur le montant, l'assureur indemnise selon votre contrat et les travaux d'embellissement peuvent être lancés.
Combien de temps et quel coût reste à votre charge (franchise, vétusté)
Côté délais, la phase d'urgence se règle en quelques heures, la déclaration en quelques jours. Le séchage est souvent l'étape la plus longue : de quelques jours pour une cloison peu mouillée à plusieurs semaines pour une chape ou un mur maçonné gorgé d'eau. L'indemnisation intervient une fois le montant des dommages validé, dans les délais prévus par votre contrat.
La franchise
Montant fixé par votre contrat et déduit de l'indemnité. Elle peut vous être remboursée si un tiers est reconnu responsable et que votre assureur obtient un recours contre lui.
La vétusté
Part d'usure déduite pour un bien ancien. Une garantie « valeur à neuf » permet d'en récupérer tout ou partie sur présentation des factures de remplacement.
Reste aussi à votre charge la réparation de la cause quand elle relève de votre entretien (un joint, un flexible), l'assurance couvrant les conséquences et non l'élément défectueux lui-même. Relisez vos conditions particulières : plafonds par poste, exclusions pour défaut d'entretien répété et garanties optionnelles y sont précisés.
Les erreurs qui coûtent cher après un dégât des eaux
Sur le terrain, ce sont toujours les mêmes faux pas qui compliquent un sinistre pourtant simple. Les éviter vous fera gagner du temps et de l'argent.
Tout jeter avant d'avoir photographié
Sans preuve, un canapé ou un meuble abîmé devient très difficile à faire indemniser.
Repeindre sur un mur encore humide
L'humidité enfermée ressort en cloques et en taches noires quelques semaines plus tard.
Laisser passer le délai de déclaration
Une déclaration tardive peut entraîner une perte de garantie si l'assureur prouve un préjudice lié au retard.
Réparer provisoirement et oublier
Un raccord bricolé ou un ruban adhésif autour d'un tuyau finit par relâcher, souvent au pire moment. Faites réparer durablement.
Prévenir un futur dégât des eaux (entretien, détecteurs de fuite)
Une fois le sinistre derrière vous, quelques habitudes réduisent nettement le risque de revivre la même situation. Remplacez les flexibles du lave-linge et du lave-vaisselle tous les 5 à 8 ans, vérifiez chaque année les joints de la douche et de la baignoire, et faites contrôler le groupe de sécurité du chauffe-eau.
Repérez l'emplacement du robinet d'arrêt général et assurez-vous qu'il se ferme sans forcer. Avant une absence prolongée, fermez-le : c'est le geste le plus simple et le plus efficace qui soit.

Les détecteurs de fuite sont devenus abordables et faciles à poser : un boîtier au sol sous l'évier, derrière le lave-linge ou au pied du chauffe-eau sonne ou envoie une notification sur votre téléphone dès qu'il touche l'eau. Certains modèles pilotent une électrovanne qui coupe automatiquement l'arrivée d'eau.
Enfin, surveillez votre compteur : une consommation qui grimpe sans raison est souvent le premier signe d'une fuite discrète, bien avant la tache au plafond.
Besoin d'une intervention ou d'un assèchement ?
Recherche de l'origine, réparation, pompage et séchage des murs : notre équipe est joignable 24h/24 et 7j/7 dans les Bouches-du-Rhône. Devis gratuit.
Questions fréquentes sur le dégât des eaux
Dégât des eaux : qui paie, le locataire ou le propriétaire ?
Que faire si le voisin refuse de signer le constat amiable ?
Faut-il attendre l'expert avant de nettoyer ?
L'assurance paie-t-elle la recherche de fuite ?
Quel est le délai pour déclarer un dégât des eaux ?
Combien de temps faut-il pour sécher un mur après un dégât des eaux ?
La franchise et la vétusté sont-elles toujours déduites ?
Pour aller plus loin
Pompage, recherche de l'origine, assèchement des murs et suivi jusqu'au retour à la normale : retrouvez tout ce que nous faisons pour vous sur notre page que faire en cas de dégât des eaux, et faites intervenir un professionnel sans attendre.

