Comment hiverner sa piscine : actif ou passif, le guide pas-à-pas pour protéger la plomberie de votre bassin en Provence
En Provence, l’hiver est doux. Mais quelques nuits de gel à Gardanne, à Aix, sur le plateau de Trets ou dans le haut Var suffisent à fendre une canalisation ou un corps de pompe. Une erreur d’hivernage en novembre, c’est une fuite à chercher en avril.

La plupart des guides d’hivernage parlent de chlore, de pH et de produit d’hivernage. C’est utile, mais ce n’est pas ce qui coûte cher. Ce qui coûte cher, ce sont les appels que nous recevons chaque printemps à Fuveau, à Pertuis ou à La Ciotat : une pompe qui fuit par son corps fendu, un filtre dont le couvercle a éclaté, une canalisation de refoulement qui perd l’eau sous la plage, un skimmer fissuré par la glace. Tous ont un point commun : une étape de plomberie oubliée en novembre.
Ce guide prend donc le parti du plombier piscine. On y traite rapidement la préparation de l’eau, puis on s’attarde sur ce qui protège réellement votre installation : le choix entre hivernage actif et passif, la gestion du niveau d’eau, la purge des canalisations, les bouchons et les gizzmos, la mise hors gel de la pompe, du filtre, de l’électrolyseur et de la pompe à chaleur, et enfin l’isolation du local technique.

Hivernage actif ou passif : lequel choisir dans le Sud ?
C’est la première question, et dans les Bouches-du-Rhône elle ne se pose pas comme dans le nord de la France. Ici, l’eau d’un bassin enterré descend rarement sous 8 à 10 °C, les journées de janvier sont souvent ensoleillées et les épisodes de gel durent quelques nuits, pas des semaines. Ce climat change la donne.
L’hivernage actif : filtration réduite et maintenue
Le principe est simple : on ne coupe pas la filtration, on la ralentit. La pompe tourne quelques heures par jour, l’eau traverse toujours le filtre et reçoit un traitement allégé. Le circuit hydraulique reste en eau et en mouvement, ce qui est la meilleure protection contre le gel : une eau qui circule ne prend pas en glace dans une canalisation.
On le privilégie quand l’eau reste au-dessus de 12 °C une bonne partie de l’hiver, ce qui est le cas de la majorité des bassins d’Aix-en-Provence, de La Ciotat ou du pays d’Aubagne. Autre avantage : au printemps, l’eau est claire et la remise en route se fait en une journée.
L’hivernage passif : arrêt complet de l’installation
Ici, tout s’arrête : pompe coupée, électrolyseur débranché, eau traitée une fois pour toutes avec un produit d’hivernage. C’est plus économique en électricité, mais c’est là que la plomberie devient délicate. Puisque l’eau ne circule plus, tout ce qui reste plein d’eau peut geler : corps de pompe, cuve de filtre, cellule d’électrolyse, échangeur de pompe à chaleur, tronçons de canalisation hors sol.
L’hivernage passif impose donc de baisser le niveau, de purger le circuit, d’obturer les traversées de paroi et de vidanger chaque équipement. Il se justifie pour une résidence secondaire fermée tout l’hiver ou pour un bassin exposé : plateau de Trets, haut Var, arrière-pays de Pertuis, fonds de vallon où le gel tient plusieurs nuits d’affilée.
À quelle température de l’eau commencer : la règle des 12-15 °C
Ne lancez pas l’hivernage trop tôt. Au-dessus de 15 °C, les algues se développent encore et le produit d’hivernage s’épuise avant la fin de l’hiver. Attendez que l’eau passe durablement sous 15 °C, idéalement autour de 12 °C. En pratique, chez nous, cela tombe entre mi-octobre et mi-novembre. Arrêtez la pompe à chaleur dès la dernière baignade : chauffer un bassin en automne n’a pas de sens.
Hivernage actif ou passif : le comparatif en un coup d’œil
| Critère | Hivernage actif | Hivernage passif |
|---|---|---|
| Consommation électrique | Modérée : quelques heures de pompe par jour | Quasi nulle, installation à l’arrêt |
| Qualité de l’eau au printemps | Eau claire, remise en route rapide | Eau souvent verte, traitement choc nécessaire |
| Risque de gel des tuyaux | Faible si la filtration tourne la nuit ou avec un hors-gel | Réel si la purge et la vidange sont incomplètes |
| Entretien pendant l’hiver | Contrôles réguliers du pH, du niveau et du préfiltre | Surveillance de la bâche et des flotteurs |
| Idéal pour | Aix, La Ciotat, Aubagne, littoral et plaines | Résidence secondaire, haut Var, plateau de Trets |
Sur la durée de filtration en hivernage actif, retenez une règle simple : la température de l’eau divisée par trois donne le nombre d’heures, avec un plancher de trois à quatre heures par jour. Une eau à 12 °C demande donc environ quatre heures. Programmez-les la nuit et au petit matin, là où le gel menace, plutôt qu’en plein après-midi.
Étape par étape : préparer l’eau du bassin
Cette partie reste courte, car la plomberie est le cœur du sujet. Mais une eau mal préparée encrasse le filtre et entartre les canalisations pendant l’hiver : quatre étapes suffisent.
Nettoyer le bassin
Brossez parois et ligne d’eau, passez le robot ou l’aspirateur, videz les paniers de skimmers et le préfiltre de la pompe. Les feuilles laissées au fond pourrissent et tachent le revêtement.
Équilibrer pH et TAC
Visez un pH entre 7,2 et 7,4 et un TAC correct. Avec l’eau très calcaire de Provence, un pH trop haut fait précipiter le tartre dans le filtre, les tuyaux et la cellule d’électrolyse.
Faire un traitement choc
Un choc chloré quelques jours avant l’hivernage élimine les algues et les bactéries présentes. Laissez filtrer en continu au moins une journée pour bien répartir le produit.
Ajouter le produit d’hivernage
Versez-le dilué devant les refoulements, filtration en marche, puis faites tourner plusieurs heures. Il ralentit la prolifération des algues et le dépôt de calcaire tout l’hiver.
Protéger la plomberie du bassin contre le gel
L’eau augmente d’environ 9 % de volume en gelant. Enfermée dans un tuyau, un corps de pompe ou un skimmer, elle n’a nulle part où aller : c’est la paroi qui cède. La fissure reste invisible tout l’hiver, puis l’installation fuit dès qu’on la remet sous pression en avril.
Baisser le niveau d’eau sous les skimmers et les refoulements… ou non
En hivernage passif, on abaisse le niveau pour que la glace ne se forme pas dans le skimmer ni autour des buses. La consigne courante : 10 cm sous les buses de refoulement. Attention au liner : trop bas, il se rétracte au froid et peut décrocher de son profilé. Certains skimmers dits « grande ouverture » ou équipés d’un volet antigel tolèrent un niveau normal avec un gizzmo.
En hivernage actif, on garde au contraire un niveau suffisant au milieu de la bouche du skimmer, sinon la pompe aspire de l’air et tourne à vide. C’est l’une des confusions les plus fréquentes.
Purger les canalisations, poser bouchons d’hivernage et gizzmos
Pour un arrêt complet, on chasse l’eau des canalisations d’aspiration et de refoulement : vanne en position vidange, puis souffleur ou aspirateur à eau pour vider chaque ligne. On visse ensuite des bouchons d’hivernage sur les buses de refoulement et la prise balai, côté bassin, pour que l’eau ne revienne pas dans les tuyaux.
Dans chaque skimmer, on visse un gizzmo : ce tube compressible obture la sortie et absorbe la dilatation de la glace qui se formerait dans le skimmer. Sans lui, c’est la bride du skimmer qui se fend, et la réparation impose de casser la margelle.
Flotteurs d’hivernage : à quoi servent-ils ?
Disposés en diagonale sur le bassin, ces boudins remplis d’air ou d’antigel se compriment quand une pellicule de glace se forme. Ils absorbent la poussée qui s’exercerait sinon sur les parois et la ligne d’eau, et empêchent la glace de former une plaque continue. Même en Provence, sur un bassin passif, ils restent une précaution peu coûteuse.


Pompe, filtre, électrolyseur et local technique hors gel
C’est dans le local technique que se jouent la plupart des casses d’hiver. Les équipements y sont pleins d’eau, souvent dans un abri de jardin mal isolé ou un regard enterré peu profond.
Pompe et filtre : vidange complète
En hivernage passif, faites un dernier lavage du filtre à sable, puis ouvrez le bouchon de vidange en bas de cuve et laissez la vanne multivoies en position « hiver » ou entre deux positions pour soulager le joint. Sur un filtre à cartouche, sortez la cartouche, rincez-la et rangez-la au sec. Sur la pompe, dévissez les deux bouchons de vidange du corps, ouvrez le couvercle du préfiltre et graissez légèrement son joint. Une pompe oubliée pleine d’eau est la première cause de casse au printemps.
Électrolyseur et pompe à chaleur
L’électrolyseur ne produit plus correctement de chlore sous 15 °C environ : en passif, on coupe, on démonte la cellule, on la détartre si besoin et on la remplace par la pièce de manchon prévue. La pompe à chaleur s’isole par ses vannes de by-pass, puis on desserre ses raccords d’entrée et de sortie pour vider l’échangeur. Un échangeur titane fendu par le gel coûte bien plus cher qu’un quart d’heure de vidange.
Local technique : isolation, hors-gel et vannes
Vérifiez que le local ferme bien et que les tuyaux qui y entrent ne sont pas à l’air libre : une coquille isolante sur les tronçons exposés suffit souvent. En hivernage actif, un coffret hors-gel avec sonde relance la filtration quand l’air approche de zéro, même hors des plages programmées. Profitez-en pour manœuvrer chaque vanne : une vanne grippée ou qui suinte se change avant l’hiver, pas pendant. Laissez enfin les vannes d’un circuit vidangé ouvertes, pour ne pas emprisonner d’eau entre deux vannes fermées.
Couverture : bâche d’hivernage, volet ou abri
Une bonne couverture limite l’évaporation, donc les apports d’eau calcaire et le tartre qui encrasse filtre et canalisations.
La bâche d’hivernage opaque, tendue par des tendeurs et des pitons, empêche la lumière de passer : sans lumière, pas de photosynthèse et donc pas d’algues. Elle retient aussi les feuilles et les aiguilles de pin, très présentes autour des bassins de Fuveau ou de Gardanne. Choisissez un modèle avec grille d’évacuation centrale pour que l’eau de pluie ne s’accumule pas en poche.
Le volet roulant, très répandu en Provence, ne remplace pas totalement une bâche d’hivernage mais fait déjà beaucoup : il coupe la lumière, protège l’eau et sécurise le bassin. Vérifiez simplement que les lames ne reposent pas sur une glace formée lors d’une nuit froide, et que le moteur et l’axe dans leur caisson ne baignent pas dans l’eau. L’abri de piscine, lui, permet souvent un hivernage actif très léger, l’eau restant plus tempérée.
Le lien avec la plomberie est direct : un bassin découvert peut perdre plusieurs centimètres par évaporation sur un hiver venteux de mistral, et chaque remise à niveau apporte une eau dure qui laisse son calcaire dans le filtre, la cellule d’électrolyse et l’échangeur. Pour comprendre ce mécanisme et protéger le reste de votre installation, consultez notre article sur la protection de la plomberie contre le calcaire.
Les 6 erreurs d’hivernage qui provoquent des fuites au printemps
Ces erreurs, nous les retrouvons chaque année lors des remises en route. Aucune n’est spectaculaire sur le moment ; toutes finissent par une recherche de fuite.

Vider complètement le bassin
Sans la contre-pression de l’eau, un liner se rétracte, une coque peut se déformer et un radier béton peut subir la poussée de la nappe. On abaisse le niveau, on ne vide jamais.
Oublier la purge de la pompe
Les deux bouchons de vidange du corps de pompe restent en place, l’eau gèle, le corps se fend. C’est la casse la plus fréquente et la plus facile à éviter.
Fermer toutes les vannes sur un circuit plein
L’eau piégée entre deux vannes fermées n’a aucun espace pour se dilater. Les raccords collés et les corps de vanne en paient le prix.
Skimmer sans gizzmo ni bouchon
La glace se forme dans la bouche du skimmer et fait éclater sa bride ou son raccord. Réparer impose souvent de déposer la margelle.
Négliger la pompe à chaleur
Un échangeur laissé plein d’eau peut se fissurer en une seule nuit froide. Isoler et vidanger prend un quart d’heure.
Couper la filtration trop tôt en actif
Une filtration programmée l’après-midi seulement laisse l’eau immobile la nuit, quand le gel frappe. Faites tourner aux heures froides ou installez un hors-gel.

Remise en route au printemps : les contrôles plomberie
Quand l’eau remonte au-dessus de 15 °C, en général en avril, on inverse les étapes : retrait des gizzmos et bouchons, remise en place des bouchons de vidange de la pompe et du filtre, remontage de la cellule d’électrolyse, ouverture progressive des vannes. Remettez le niveau, amorcez la pompe et observez le local technique pendant les premières minutes : la moindre goutte à un raccord ou sous le corps de pompe signe une fissure de gel.
Regardez aussi le manomètre du filtre. Une pression anormalement basse peut trahir une prise d’air sur l’aspiration ; une pression très haute, un filtre colmaté de tartre. Puis, pendant une semaine, surveillez le niveau d’eau, filtration en marche puis à l’arrêt : une baisse nettement plus rapide que l’évaporation habituelle indique une fuite sur le bassin ou sur le circuit.
Pour faire la différence entre évaporation et fuite et repérer la zone en cause, suivez notre méthode détaillée : comment détecter une fuite de piscine. Le test du seau et le test au colorant permettent souvent de trancher avant de faire venir un plombier.
Faire hiverner sa piscine par un plombier piscine
La préparation de l’eau est à la portée de tous. La partie hydraulique demande plus de méthode : savoir quelle vanne laisser ouverte, où se trouvent les points bas du circuit, comment souffler une ligne de refoulement enterrée, comment vidanger proprement un échangeur. Faire réaliser l’hivernage par un professionnel, c’est aussi l’occasion d’un contrôle complet du local technique avant l’hiver.
Nos interventions sur les bassins de piscine à Aix-en-Provence, de piscine à Gardanne ou de piscine à Pertuis permettent de repérer avant le froid un raccord PVC fatigué, un clapet anti-retour qui ne tient plus ou une vanne multivoies dont le joint suinte. Autant de petites pièces qui, laissées en l’état, deviennent des fuites franches au printemps.
Et si une fuite est déjà constatée, mieux vaut la traiter avant l’hiver : une canalisation qui perd de l’eau ne se répare pas toute seule, et le gel ne fait qu’agrandir la fissure.
Hivernage ou contrôle du local technique ?
Trottinplomb Service réalise la mise en hivernage hydraulique de votre bassin, le contrôle de la pompe, du filtre et des vannes, et intervient en cas de fuite constatée. Devis gratuit.
Questions fréquentes sur l’hivernage de piscine
Faut-il vider sa piscine pour l’hiver ?
Combien de temps filtrer en hivernage actif ?
Comment hiverner une piscine hors-sol ?
Combien coûte un hivernage réalisé par un professionnel ?
Quand arrêter la pompe à chaleur de la piscine ?
Faut-il arrêter complètement la filtration en hiver ?
À quelle température commencer l’hivernage de la piscine ?
Pour aller plus loin
Vous préférez confier la partie hydraulique à un spécialiste, ou vous voulez savoir précisément comment hiverner sa piscine selon votre équipement ? Nos plombiers interviennent sur l’ensemble du circuit des bassins en Provence : canalisations, skimmers, pompe, filtration et local technique.
